dimanche 6 avril 2014

Les Girod de l'Ain : famille emblématique du département (publié dans Le Progrès)

Dans le contexte de la création du département de l'Ain et du développement du Pays de Gex, une famille s'est dégagée, jusqu'à porter en son nom celui de son département : les Girod de l'Ain.
Une famille gessienne

Issus de la bourgeoisie du Pays de Gex, et notamment de Cessy et de Crozet, les Girod s'installèrent à Gex à la fin du XVIIIe siècle. Auparavant, seul s'était véritablement distingué Jean-Charles Girod (1705-1780), notaire devenu châtelain royal (c'est à dire administrateur) de Gex.

Jean-Louis Girod de l'Ain : la figure de proue de la famille, l'image de l'Ain

Jean-Louis Girod de l'Ain (source : Assemblée Nationale)

Son neveu devint l'un des personnages les plus importants tant du Pays de Gex que du futur département de l'Ain : Jean-Louis Girod (1753-1839), natif de Cessy, exerça tout d'abord quelques responsabilités locales, officiant ainsi comme lieutenant de police de la ville puis juge au bailliage de Gex. En 1780, il épouse Louise, fille de Louis-Gaspard Fabry, maire de Gex depuis plus de 30 ans. Cette année-là, Girod lui succéda dans cette charge municipale, et ce jusqu'en 1791. Dès la Révolution, la carrière de Girod prit un tournant national cette fois : président du tribunal du district de Nantua (1791-1793), avant d'être arrêté puis emprisonné à Pierre-Châtel, il revint sur la scène politique en 1799, devenant alors député de l'Ain, charge qu'il occupa jusqu'en 1814, avant d'être de nouveau élu de 1818 à 1823. Ce fut au début de ces mandatures que Girod rajouta « de l'Ain » à son patronyme, pratique alors courante pour distinguer les politiques homonymes. De mars à avril 1803, Girod, devenu baron, fut brièvement président du Corps législatif, l'Assemblée nationale de l'Empire.

Les descendants prestigieux de Jean-Louis Girod de l'Ain

Parmi ses enfants se trouvèrent deux députés. L'aîné, Amédée Girod de l'Ain (1781-1847), né à Gex, fut député de l'Ain et président du tribunal de première instance de la Seine lors du bref retour de Napoléon en 1815. De 1827 à 1832, il fut de nouveau élu député, cette fois pour le département d'Indre-et-Loire. En parallèle, sous le règne de Louis-Philippe, il fut nommé préfet de police de Paris (1830), président de la Chambre des députés (1831-1832), ministre de l'Instruction publique (1831-1832), avant d'occuper le poste de vice-président du Conseil d’État (1832-1847). De mars à mai 1839, il fit partie une nouvelle et dernière fois d'un gouvernement de transition avec le portefeuille de la Justice et des Cultes.

Son frère, le général Félix Girod de l'Ain (1789-1874), eut un destin tant militaire que politique. Né à Gex comme son frère aîné, il combattit notamment en Russie puis jusqu'à la chute de Napoléon en 1815. Tenu à l'écart de l'armée sous la Restauration (1815-1830), il réapparut sous le règne de Louis-Philippe et se lança en politique, devenant, comme son père et son frère, député de l'Ain (1834-1848). De son épouse Catherine, fille du sous-préfet de Gex François-Gabriel Fabry, il eut cinq enfants dont Édouard (1819-1906) qui devint député de l'Ain (1865-1870), le troisième en trois générations directes, le quatrième de sa famille en moins de 100 ans.

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